vraie librairie

Les accréditations au salon du livre de Paris


Y être ou ne pas y être ?


La question des accréditations

Ici, du fin fond de mon Quercy, je lis des articles sur le problème des accréditations et finalement, je me dis que les éditeurs ont raison d'en profiter. Les écrivains veulent participer à leur fête !
Un certain Coluche, dont il ne faut jamais oublier qu'il fut très mal considéré par les installés de son vivant, avait une phrase que ces auteurs pourraient peut-être adapter « La société n'a pas voulu de nous ? Qu'elle se rassure ! On n'veut pas d'elle ! » Non ? Bon pour la suite je diverge mais je pense qu'il me soutiendrait « On lui fout la paix. C'est pas nous qui allons lui mettre des bâtons dans les trous. »
Je vais quand même leur placer un ebook dans le plan marketing.

Je dois résumer ?
Non, tout le monde a compris. Je vous en ajoute juste une autre à adapter « Bob, il dit toujours : si la société nous rejette, c'est parce qu'elle veut oublier que c'est elle qui nous a créés. » En 2013 « Bob, il dit toujours : si les éditeurs essayent de nous faire disparaître, c'est parce qu'ils ne veulent pas qu'on sache que c'est leurs pratiques qui ont favorisé le désir d'indépendance. » On peut adapter autrement !

Comme tout le monde a tout compris, retour aux accréditations.

Ce problème semble avoir débuté en 2012.

ActuaLitté, le site de Nicolas Gary, en fut la scène médiatique majeure.
Après avoir été contacté par « plusieurs » auteurs, il signait un article, le vendredi 17 février 2012, reprenant un « mail-type » envoyé aux solliciteurs :

Bonjour,

À compter de cette année, seuls les auteurs ayant une actualité et donc une dédicace sont accrédités gratuitement au Salon du livre. Cette accréditation doit passer par l'éditeur.

L'entrée est donc payante et est au tarif de 9,50 euros.

Vous pouvez préacheter votre billet au tarif de 7 euros avant le 15/02/2012 en vous rendant sur notre site
http://www.salondulivreparis.com/Billetterie.htm

Cordialement

Bertrand Morisset
Commissaire général du Salon du livre

Le même avait répondu au chroniqueur :
« Les auteurs adhérents de sociétés comme la SGDL ou la SCMA, avec lesquelles nous avons des accords particuliers pourront se rendre, à titre de professionnels, gratuitement au Salon, avec leur accréditation de professionnels. D'autre part, si une lettre motivée de l'éditeur nous est présentée par un auteur, et qu'elle justifie de la présence de l'auteur en qualité de professionnels, nous n'avons aucune raison de la refuser. Simplement, il nous faut absolument préserver notre salon des gangs de malfrats qui sévissent, mais plus encore contre les lettres falsifiées qui nous parviennent, et permettent d'enrichir un marché noir. »
http://www.actualitte.com/societe/accreditation-lutte-contre-la-vente-illicite-de-billets-au-salon-du-livre-32124.htm

Car cette mesure vise "officiellement" à lutter contre la revente d'accréditations au marché noir ! Vilains auteurs qui demandent un billet gratuit pour le revendre !
L'hypothèse qu'il s'agirait en fait d'obtenir un supplément d'entrées payantes avec ce public qui bénéficia de la gratuité et semble avoir des raisons suffisantes de sortir son fric ne fut pas évoquée. Qui à part les chasseurs d'autographes est prêt à payer pour entrer dans ce salon ? Les auteurs qui espèrent solliciter des éditeurs ou journalistes peu accessibles ailleurs ! Donc il faut les faire payer ! Un auteur, ça bosse gratuitement pour nous (plus gracieusement, ça dédicace ses oeuvres) ou ça paye son droit d'entrée ! Il ne faudrait pas en plus offrir le caviar et le champagne à ces profiteurs !
7 jours plus tard, trois mouvements utilisaient le site pour envoyer une lettre à ce Bertrand Morisset : le Grill, une association d'illustrateurs, dessinateurs de BD et scénaristes de la région Alsace, le Snac, Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs, versant BD et la Charte une association d'auteurs et illustrateurs jeunesse, dont l'adresse est située Hôtel de Massa - 38, rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris, comme la SGDL (hum hum hum).

Monsieur,

Nous avons découvert avec stupeur les nouvelles règles d'accréditation au Salon du livre de Paris 2012.

Ainsi, seuls les auteurs munis d’une lettre d’un éditeur et ceux membres d’une société professionnelle seront admis gratuitement. Cela veut-il dire que les autres (non syndiqués, dont la maison d’édition n’existe plus, fâchés avec leur éditeur...) n'ont pas d'intérêt pour la vie du Salon ? Qu’ils ne sont pas auteurs à part entière ?

Pour justifier l’absence d’obligation contractuelle à offrir à tous un accès gratuit, vous avancez que le Salon est une entreprise privée qui ne bénéficie d'aucun financement public. Doit-on vous rappeler que les auteurs viennent gracieusement au Salon, et qu’ils sont la raison des bénéfices de votre entreprise privée ? Par ailleurs, nombre de stands sont payés par l’argent public (Radio France, CNL, éditeurs subventionnés...).
Penser que restreindre l’accès aux auteurs permettra de lutter contre la délinquance est non seulement illusoire, mais aussi blessant. Ce rapprochement provoque un grand malaise parmi les auteurs.

Une fois encore, ce sont les catégories les plus précaires de l’édition qui font les frais d’un climat sécuritaire.

Pourtant, pour la première fois, les auteurs vont avoir leur stand au Salon du livre de Paris. Nous nous en réjouissons. Quel dommage d'entacher ce qui ne devrait être que positif.

La Charte, le Grill et le Snac bd vous demandent de revenir sur ces nouvelles règles d’accréditation, et de permettre à tous les auteurs de venir gratuitement à un salon qui n’existerait pas sans eux.

Nous vous prions de recevoir l'expression de nos sincères salutations.

La Charte, le Grill et le Snac bd.

Quelques heures plus tard, le directeur général du Pôle Culture & Loisirs de Reed Expo leur répondait sur le site. Plus rapide que la poste, Nicolas ! Quel pouvoir médiatique ! Une polémique doit passer par ActuaLitté pour exister ? (certains ne manqueront pas de lui faire remarquer mon sourire mais comme son média est le seul que je suis vraiment, c'est inévitable ! qu'il en soit ainsi remercié !... néanmoins, aucun de mes pavés ne lui a semblé suffisamment intéressant pour le présenter ! De l'impertinence oui... mais pas au point de franchir la ligne jaune d'une mise à la une d'un révolutionnaire du numérique ! Courage Nicolas, de toute manière Aurélie vous boude déjà depuis que vous avez "rapporté" son "c'est l'éditeur qui fait la littérature"...)

Messieurs,

Je viens de prendre connaissance de la lettre adressée à Bertrand Morisset par la Charte, le Grill et le SNAC BD et publiée par ActuaLitté.

Si je comprends la démarche envisagée par le directeur du salon pour optimiser et faciliter l'accueil des auteurs au Salon du Livre, je regrette évidemment la formulation malheureuse de cette démarche.

Je reconnais qu'elle ait pu créer une certaine confusion et une émotion que je déplore et que je regrette très sincèrement comme l'ensemble de l'équipe du Salon.

Au nom du groupe Reed je tiens donc à présenter toutes nos excuses à celles et ceux qui, parmi les auteurs ou tout professionnel concerné, ont pu penser qu'ils ne seraient pas les bienvenus sur le Salon du Livre, Salon qui sans eux et leurs éditeurs, est-il besoin de le rappeler, n'existerait pas.

La vocation du Salon du Livre est bien d'accueillir et de rassembler tous les acteurs du monde du livre et de l'édition où les auteurs ont évidemment le tout premier rôle et au-delà, une place toute particulière.

Pour recevoir un badge qui leur donnera libre accès au salon, les auteurs sont donc invités à se connecter sur notre site internet et s'accréditer en ligne sur l'espace accréditation pro.

En attendant de vous accueillir avec grand plaisir au 32ème Salon du Livre.

Jean-Daniel Compain Directeur Général
Pôle Culture & Loisirs

Reed Expositions

Pour les Auteurs, les documents à fournir sont : scan de la carte SGDL, SCAM, Maison des écrivains, Charte des Illustrateurs, ATLF, SNAC, OU lettre accréditive émanant d'une structure éditoriale OU scan de la couverture du livre.

http://www.actualitte.com/tribunes/le-salon-du-livre-a-vocation-a-accueillir-et-rassembler-tous-les-auteurs-1699.htm
En 2013, c'est le drame : dans le document d'accréditation, nouvelle absence des auteurs dans les métiers du livre !

Niveau CREATION :

- Coloriste lettre accréditive émanant d'une structure éditoriale
- Dessinateur lettre accréditive émanant d'une structure éditoriale
- Traducteur lettre accréditive émanant d'une structure éditoriale.

Il semble qu'il ait fallu être adhérent d'une des associations dites représentatives, ou passer par une préinscription sur le site avec actualité justifiant l'accréditation... ça va finir par entrer dans les moeurs : un auteur vient bosser bénévolement ou il paye son entrée. Et pas de manière ! Ni pleurnicheries du genre "l'année dernière j'ai signé durant les 4 jours, alors cette année soyez sympa !..."

Risible ! Franchement, auteurs, vous ne feriez pas mieux de publier des livres ces jours-là plutôt que de participer à la réussite d'une fête de nos adversaires où nous pouvons au mieux être travailleurs bénévoles ! Oui, le mot est balancé "adversaires". Les éditeurs traditionnels sont nos adversaires dans la nouvelle économie du livre, où le numérique et l'impression à la demande peuvent anéantir le circuit "traditionnel" du livre en papier. L'organisation d'un contre salon serait plus efficace. J'aurais bien proposé à Montcuq mais la municipalité, dans le versant culturel, bénéficie déjà du Monopoly. Quant à Cahors ou Toulouse...

Dans les péripéties, les difficultés de l'exercice d'un salon consensuel et officiellement ouvert, seule l'absence de l’écrivain roumain Mircea Cartarescu semble mériter d'être signalée, brièvement, par l'AFP, le 15 mars 2013.
« Parmi les 27 auteurs roumains invités, représentant toutes les générations et tous les genres, sont attendus Razvan Radulescu, écrivain et scénariste entre autres du film «Child’s Pose», Ours d’or au festival du film de Berlin cette année, ou Matei Visniec, dramaturge, poète et journaliste exilé en France, dont les pièces sont parmi les plus jouées en Roumanie ou au festival off d’Avignon.

A leurs côtés, la romancière et journaliste Gabriela Adamesteanu, l’éditeur de Cioran Gabriel Liiceanu ou l’auteur de bandes dessinées Alex Talamba. En revanche, l’écrivain Mircea Cartarescu, auteur contemporain roumain le plus traduit et souvent évoqué comme possible Prix Nobel de littérature, a dit ce vendredi qu’il «ne participerait pas» finalement au Salon.

Sa décision survient sur fond d’attaques de la nouvelle direction de l’Institut culturel roumain (ICR) contre certains intellectuels accusés d’être favorables au président roumain de centre droit Traian Basescu. »

L'AFP note également :
" « C’est certain que le numérique prend plus de place au Salon du livre et fait partie des enjeux importants », dit Vincent Montagne. « C’est doublement le cas cette année, puisqu’on est en train de signer un accord entre les éditeurs et les auteurs qui définit le contrat d’édition à l’ère du numérique ». Annoncé la semaine dernière, cet accord sera signé jeudi."

Avis public possible ici...

 Le salon du livre de Paris 2013
Publié dans Le salon du livre de Paris 2013 : sans moi ! Présentation du livre.


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